Dans la province de Cosenza, perché sur les flancs de la Chaîne Côtière, un village de 1863 habitants, Guardia Piemontese (la Gàrdia) s'obstine depuis quatre siècles à parler occitan. Les événements qui ont porté dans le sud cette communauté, provenant d'une vallée alpine piémontaise, sont tragiques, comme toutes les histoires de persécution religieuse.

Originaires de la vallée Pellice, les Vaudois de Calabre s'étaient installés à Guardia et à S. Sisto entre le XII° et le XIII° siècle. Ils vécurent pacifiquement jusqu'à l'adhésion de l'Église vaudoise à la Réforme protestante (résolution de Chanforan, 1532). Considérés hérétiques, ils furent alors persécutés dans le Piémont, en Provence et en Calabre. La répression à Guardia et à S. Sisto fut particulièrement sanglante. Les villages furent détruits ; les habitants, dont des femmes et des enfants, égorgés ou brûlés sur le bûcher, mais aussi vendus comme esclaves aux Maures. Les quelques survivants se convertirent à la religion catholique.