Insegnamento on-line   

Modulo 10 - La cuisine

Un peu de littérature

Un po' di letteratura

Un peu de littérature
Français


Les champignons


Il y avait également les champignons. C’était comme un rite annuel et avec le grand-père il n’y avait pas de risque de revenir les mains vides. Son bâton en bois était magique. Le grand-père gardait le bâton immobile mais il faisait semblant d’être mené par lui. Dessous le toit de châtaigniers, de hêtres et de bruyères sur le versant à l’ubac, entre les chênes, les pins et les chênes verts, les terres à champignons se laissent découvrir seulement si tu as la grâce […] tu peux même effleurer une tribu bien coiffée, lui tourner autour et continuer ton chemin. Ou bien venir un après-midi entier pour rien et revenir le lendemain avec une récolte miraculeuse […] Le bâton soulève une litière de feuilles ramollies et dessous, tu trouveras un cercle de champignons qui t’attendent, personne d’autre que toi. Des fois tu en vois deux ou trois petits, avec le chapeau brun clair sur les yeux et le pied solide. Ah ! selon les lois de la foret il faudrait attendre le lendemain, qu’ils deviennent plus gros. Tu fais un pas, ou deux et déjà tu regrettes de partir. Tu te ravises. Et si le petit était mangé par une grosse limace ? Ou si un étranger, un chasseur le ramassait après ton passage ? Et allez, on y va on coupe le pied avec la pointe du couteau et on dépose le nouveau-né dans un panier.

écouter

(de L’envòl de la Tartana - Roland Pecout – CRDP de Montpellier, 1986)

italiano


I funghi


C’erano anche i funghi. Era quello un rito annuale, e con il nonno, non si correva il rischio di tornare con il sacco vuoto. Il bastone di legno era magico. Il nonno teneva il bastone fermo, ma faceva finta che il bastone lo conducesse. Sotto il tetto dei castagni, dei faggi e della brughiera del versante ombroso, fra le quercie, fra i pini e i lecci del solatìo, le terre fungaiole si lasciano vedere solo se hai la grazia.[…] Puoi sfiorare una tribù incappellata, girarle intorno e proseguire il cammino. O venire un pomeriggio per nulla, e tornare l’indomani a fare un miracoloso raccolto.[…]
Il bastone solleva una lettiera di foglie molli e sotto, hai un cerchio di funghi che aspettano te, nessun altro che te. A volte ne vedi, ailà, due o tre piccoli, con il cappello bruno schiacciato sugli occhi, e il gambo solido. Ah!... secondo le leggi della foresta, bisognerebbe aspettare domani, che vengano grossi. Fai un passo, o due, dispiaciuto d’andartene. Poi ti ravvedi. E se il piccolo venisse mangiato da una grossa lumaca? O se un inesperto, un rude cacciatore, lo raccogliesse dopo il tuo passaggio? E giù, tagliare il gambo con la punta del coltello, e depositare il fungo neonato nel tuo cesto.