La proximité de la mer est responsable des précipitations abondantes qui rendent cette vallée l'une des plus boisées des Alpes occidentales. Pendant des siècles, les ressources forestières ont été judicieusement administrées par la Chartreuse de Pesio. Le bois était transformé en charbon végétal et servait à alimenter les usines du Monregalese, à l'aube de la révolution industrielle, de la moitié du XVIII° siècle. Aujourd'hui, toutes les ressources de la vallée sont dans le tourisme durable, dans les territoires du Parc de la Haute Vallée Pesio et Tanaro.

Le parcours de visite

De Cuneo, on prend la SP21 pour rejoindre Boves. Le village se trouve aux limites de la plaine et a un centre historique agréable, avec des maisons de paysans basses et des routes bordés de canaux. Le centre historique conserve une fontaine du XVI° siècle et l'église paroissiale du XVII°, dédiée à S. Bartolomeo. Au sud-est du village, à l'entrée de la vallée du torrent Colla (via Roncaia), se situe le sanctuaire de Madonna dei Boschi, fondé par des bénédictins au XIII° siècle. À l'intérieur se trouvent de précieuses séries de fresques, peintes entre le XV° et le XVIII° siècle.

En poursuivant sur la SP21, on rejoint Peveragno, un autre bourg agricole établi aux limites de la plaine. Il conserve le refuge médiéval, auquel on accède par une porte. L'église inachevée de la Confraternita della Santa Croce est attribuée à Francesco Gallo.

À l'entrée de la courte vallée Pesio, se situe Chiusa Pesio, un village agricole adossé aux premières hauteurs boisées. Il conserve les restes du château de Mirabello, édifié sur le mont Cavanero au XVI° siècle par les marquis de Ceva, titulaires du fief de Chiusa. Le palais citadin des marquis est aujourd'hui le siège de la mairie. Il fut construit au XV° siècle sur les ruines d'un château et d'une ancienne verrerie. La production de cristaux et de céramiques a été pendant des siècles une activité florissante à Chiusa Pesio. En 1759, fut instituée la Regia Fabbrica dei Cristalli (Fabrique Royale de Cristal), société mixte de la maison de Savoie, avec la participation d'associés privés. L'usine se distingue dans la production de verre et de cristal de qualité, avec une main-d'œuvre spécialisée, en partie provenant de la Bohême. Dans le palais communal, il y a le Musée de la Fabrique Royale de cristal et de céramique, dédié aux activités industrielles et artisanales, avec une exposition de pièces précieuses ; une section des espaces du musée est dédiée aux pièces du Néolithique, provenant de l'aire archéologique du mont Cavanero. Toujours à l'intérieur du palais communal, on peut aussi visiter l'intéressant Musée de la Résistance. En poursuivant par la via S. Anna, vers la Chartreuse, la collection photographique Michele Pellegrino est installée dans le centre du Parc Haute Vallée Pesio et Tanaro. Elle est dédiée à la montagne et à la vie claustrale des années 70.

La visite continue le long de la SP42, en atteignant les hameaux Vigna et S. Bartolomeo, autrefois colonie agricole de la Chartreuse de Pesio : la route rejoint le complexe monastique, fondé en 1173 par des moines chartreux provenant de la vallée voisine Casotto. La Chartreuse est un ensemble de divers édifices, qui remontent à des époques différentes. À droite de la route départementale, se trouve la Correria (la première installation), où il reste l'oratoire de S. Giovanni (XIII°). En continuant, sur la gauche, se dresse l'ancien moulin, puis on arrive à la véritable Chartreuse, au-delà de laquelle la route est fermée à la circulation. L'accès à la fondation se fait par une grande porte au-delà du pont sur le Pesio. Les édifices actuels, regroupés autour du cloître, remontent à diverses époques (du XVI° au XIX° siècle) ; on doit les interventions les plus importantes à l'architecte de la cour de Savoie, Giovenale Boetto, qui, à la moitié du XVI° siècle, réalisa le bâtiment porche et réorganisa l'ensemble, avec une nouvelle façade pour l'église.

La Chartreuse, qui aujourd'hui accueille une communauté des pères missionnaires de la Consolata, eut des hauts et des bas. Les rapports avec la communauté de Chiusa, qui depuis toujours possédaient des droits sur les forêts et sur les pâturages, furent très difficiles, tellement à aboutir à des révoltes ouvertes. La Chartreuse, après des centaines d'années de vie monastique, fut finalement supprimée sous Napoléon (1802) et ses biens confisqués et disparus. Ensuite, elle fut transformée en auberge et établissement hydrothérapique ; elle reçut Stendhal, Cavour, Giolitti et des membres de la famille royale. Elle ferma ses portes lors de la Première Guerre mondiale et redevint un monastère seulement en 1934.

Depuis la Chartreuse, la visite de la vallée se poursuit à pied, sur les nombreux sentiers du parc : une courte promenade mène à Pian delle Gorre, point de départ d'itinéraires plus difficiles. Parmi eux, la boucle de cinq jours autour du Marguareis (2651 m) permet une connaissance approfondie des milieux les plus précieux du parc. L'excursion au Pis del Pesio, cascade spectaculaire de 30 mètres de hauteur, est moins difficile.

Le parc naturel Haute Vallée Pesio et Tanaro

Étendu sur 6670 hectares, le parc a hérité du patrimoine forestier ayant appartenu à la Chartreuse. Il comprend la haute vallée du Pesio et une portion du val Tanaro voisin, autour du massif du Marguareis, principal sommet des Alpes Liguriennes. La proximité avec la Méditerranée a rendu ce territoire particulièrement riche en biodiversité, tellement qu'environ un quart de toutes les espèces botaniques recensées en Italie y est présent. Les années passées, des plans de réintroduction du cerf et du chevreuil ont été mis en œuvre. La présence de ces ruminants a été une des causes du retour du loup. Le massif du Marguareis est de nature karstique et extraordinairement riche en grottes - en partie encore inexplorées - dolines et autres formes d'érosion, considérables dans la Cuvette delle Carsene. Le parc est aussi fréquenté en hiver, pour ses nombreux itinéraires de ski alpin et de ski de randonnée.