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Le Rocciamelone avec ses 3538 m de hauteur entre la vallée de Suse et la vallée de Lanzo est le sommet le plus haut des Alpes Graie. Il se caractérise par des versants abrupts se terminant en un sommet pointu, incomparable figure où l’œil se pose en parcourant l’horizon de la vallée de Suse.

L’aspect de ce massif est le fruit de pressions tectoniques des plaques continentales suivies de l’œuvre puissante des masses glaciales du quaternaire. Les calcschistes sont majoritaires, avec des passages de serpentinite et de gneiss mais les zones plus basses sont marquées par de grandes parois de calcaire. Le long de cette diagonale abrupte creusée par les torrents Ganduglia et Rocciamelone, tous les milieux typiquement alpins se concentrent dans cet endroit restreint : chênes pubescent, hêtres, érables, tilleuls, frênes, pins, mélèzes, aulnes, prairies subalpines et amoncellements de pierres souvent enneigés qui dissimulent les espèces pionnières les plus résistantes en altitude.

Les habitats d’intérêt majeur sont les éboulis xérophiles calcaires et les prairies de Bromus erectus qui accueillent une grande variété d’orchidées. Les espèces endémiques les plus intéressantes des Alpes occidentales sont la Saussurrea alpina, l’Alyssum alpeste et la Veronica allionii. A une altitude inférieure, une oasis xérothermique méditerranéenne se développe offrant plusieurs espèces typiquement héliophiles.

La zone accueille une faune intéressante et singulière. Outre à de nombreuses espèces d’oiseaux on peut y trouver le lézard vert, le lézard des murailles et les lépidoptères Callimorpha quadripunctata, Maculinea arion, Parnassius apollo et Polyommatus exuberans, un lycénidé endémique de la vallée de Suse qui connaît ici une des populations les plus développées.

L’ascension du Rocciamelone, le 1er septembre 1358 par le croisé Bonifacio Rotario d’Asti pour satisfaire à un vœu fait à la sainte vierge suite à sa détention par les ottomanes, est considérée comme la première ascension documentée sur un sommet alpin. Aujourd’hui la cime est très fréquentée par les excursionnistes et les pèlerins et accueille le sanctuaire le plus haut d’Europe, dédié à notre Dame de Rocciamelone avec une statue en bronze de la Madone que les Chasseurs Alpins ont porté à la fin des années 1800. Les refuges de La Riposa (2020 m) et Cà d’Asti (2854 m, le premier d’Italie) ainsi que de nombreux sentiers balisés, facilitent les activités sur ce territoire.

Les Oasis xérothermiques de la Vallée de Suse, au départ et le long de la SIC Rocciamelone sont caractérisés par des parois calcaires creusées et ravinées par l’érosion de l’eau. Autrefois ces terres utilisées par l’homme pour pacager et pour cultiver –surtout les précieuses vignes- sont aujourd’hui recolonisées par les bosquets et les arbustes. À une altitude supérieure on y trouve des pinèdes, des châtaigniers abandonnés pour la plupart et des formations d’érables, tilleuls, frênes et mélèzes.

Ce microclimat est sec et doux grâce à une exposition sud, à des vents forts venant de ouest et à un substrat majoritairement calcaire. Ainsi une zone typiquement méditerranéenne s’est créée au cœur de la chaine des Alpes qui augmente sa biodiversité et justifie un classement en zone SIC selon la Directive Européenne Oiseaux et Habitat. Les prairies xérothermiques sont riches d’orchidées spontanées et certaines assez rares ont été localisées.

De nombreux invertébrés rares ou uniques enrichissent la liste des espèces régionales voire européennes. Parmi les mollusques terrestres, le Solatopupa similis et l’Helicigona lapicida sont fréquents ; c’est ici qu’a été signalé pour la première fois au niveau du Piémont l’orthoptère Oedaleus decorus et il est assez fréquent de rencontrer le grand Saga pedo ; parmi les lépidoptères, on trouve le Polyommatus exuberans qui était considéré comme disparu. Les habitats xériques sont de plus considérés comme parfaits pour de nombreuses espèces de reptiles comme la Coronella girondica. L’avifaune est bien représentée avec plus de 100 espèces, dont la bondrée apivore, le faucon pèlerin, le circaète Jean-le-Blanc, la perdrix bartavelle, l’engoulevent d’Europe, le pitpit rousseline et le bruant ortolan.

Dans le cadre européen Life Xero Gazing, deux sentiers didactiques ont été créés, « Monte Molaras » et « Truc San Martino » qui nous permettent de découvrir les caractéristiques de l’Oasis et illustrent –outre les aspects naturels- l’histoire de l’homme. Les sentiers sont aujourd’hui utilisés à des fins ludiques, mais autrefois ils constituaient des instruments de travail indispensables car ils permettaient d’arriver à des champs, des vignes, des bois, des prairies ou des alpages.

L’Orrido (la Gorge) de Foresto a été classée comme Réserve naturelle en 1998 par la Région Piémont grâce à son intérêt naturel, paysagiste et pour protéger le Genévrier cade (Junipérus Oxycedrus), un arbuste typique du maquis qui près des hameaux Crotte et San Giuliano prospère avec des centaines d’exemplaires mais unique station connue au sein des Alpes. La Réserve s’étend sur 360 ha sur les communes de Bussoleno et Suse.

La végétation est caractérisée par des graminées typiques de la steppe d’Europe de l’est et ici elle a trouvé des conditions favorables grâce à sa capacité de résister à la sècheresse estive, comme la Crupina vulgaris et une petite sauge sauvage, la Salvia aethiopis. Parmi les espèces les plus intéressantes, on trouve la Cleistogenes serotina, la Trisetaria cavanillesii et surtout la splendide Stipa capillata et Stipa pennata qui à la fin de l’été offrent aux vents leurs magnifiques plumeaux argentés.

Parmi la faune sauvage on compte de nombreux chevreuils, des sangliers, des blaireaux et des renards et il n’est pas rare de rencontrer le chamois à très basse altitude. On peut observer facilement les rapaces diurnes qui utilisent les masses d’air chaud ascensionnels et qui se camouflent dans les abris des parois verticales. La présence du monticule merle-bleu, de l’alouette lulu et du bruant ortolan confirme les caractéristiques du climat méditerranéen. La présence ancestrale de l’homme est confirmée par les pétroglyphes présents dans cette zone et par les restes d’un temple important à l’époque romaine dédié à la déesse Matrone et édifié près de Foresto.

La Réserve naturelle de l’Orrido (la Gorge) de Chianocco a été instituée par la Région Piémont en 1980 pour protéger l’unique station spontanée de houx (Quercius ilex) du Piémont. Elle s’étend sur 36 ha sur une largeur d‘une dizaine de mètres et une cinquantaine en profondeur, elle a été creusée par le torrent Prebèc dans la roche carbonatée. Le Prebèc prend son cours à 2400 mètres et dépose d’importants dépôts de moraines donnant lieu ainsi à la « Gran Gorgia », une entaille profonde en « V » de matériaux non stabilisés qui tombent périodiquement provoquant des éboulements et des inondations dangereuses en fond de vallée. Le vallon du torrent au-dessus de la réserve offre des paysages extraordinaires et des biotopes intéressants où il est possible d’observer des phénomènes d’érosion comme les fameuses pyramides érodées appelées « Chouqué » (clocher) près des hameaux Magritt et Molè où l’homme pour les contraster à créer des ouvrages importants. Le climat méditerranéen facilite la vie de différentes plantes rares du Piémont sur les reliefs préalpins ; la plus remarquable c’est le houx mais aussi l’Adiantum capillus-veneris, l’Asplenium fontanum, le Thesium divaricatum, le Prunus mahaleb, l’Ononis pusilla et bien d’autres encore. Sur les parois escarpées de l’Orrido niche le corbeau impérial, le crécerelle ainsi qu’une colonie de choucas des tours.

L’intérêt archéologique de la zone est lié à la découverte de restes allant de l’Enéolithique (IV-III millénaire av J.-C.) à l’Age de Bronze (environ 1500 ans av J.-C.).

Les zones protégées des Orrido de Chianocco et Foresto du Rocciamelone et des Oasis xérothermiques s’étendent sur une superficie de 1421 ha sur les communes de Mompantero, Suse, Bussoleno et Chianocco et font partie du Réseau Natura 2000.

Elles sont confiées à l’Organisme de gestion des zones protégées des Alpi Cozie et font référence au Parc naturel Orsiera Rocciavré qui a son siège à Bussoleno, Via Massimo d’Azeglio n°16.

Un laboratoire didactique spécialisé sur l’environnement et la culture montagnarde se trouve à Bussoleno, hameau Argiassera et soutient les activités proposées au public et aux écoles.

PARC NATUREL ORSIERA ROCCIAVRE

POUR INFORMATIONS

BUREAUX

Via Massimo d’Azeglio, 16 – 10053 BUSSOLENO (TO)

Tel : 0039 122 47064

Site internet : www.parchialpicozie.it

Info.alpicozie@ruparpiemonte.it

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Accès par Bussoleno, Chianocco, Mompantero, Suse

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10050 SALBERTRAND (TO)

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Dessins de Elio Giuliano

Images de l’archive Photos du Parc Alpi Cozie