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Le Parc Naturel Gran Bosco préserve une foret mixte de sapins et d’épicéas unique au niveau régional. Auparavant, l’intérêt économique était la raison principale de cette protection puisque ces sapinières fournissaient déjà en 1700 le bois pour les grands travaux de charpenterie, avec des poutres de large section. Les ouvrages les plus importants réalisés par les ingénieurs civils et militaires pour la maison de Savoie, étaient par exemple l’Arsenal de Turin, la Basilique de Superga ou la Reggia de Venaria Reale

Aujourd’hui la spécificité de cette foret est liée à la présence importante de l’épicéa et du sapin, espèces assez rares sur les Alpes occidentales, à cause d’un climat continental. Il est donc probable que leur présence et leur diffusion dans le Gran Bosco soit due à deux causes principales, un microclimat particulier (avec une forte humidité atmosphérique) ainsi que la présence d’un écotype qui résiste à la sécheresse estivale. Pour ces raisons mais aussi grâce à la vigueur de la végétation et à la conformité des troncs, les populations d’épicéas, de pins cembros et de mélèzes du Gran Bosco ont été insérées dans le « Libre national des semences forestières » qui seront ensuite destinées à fournir le patrimoine nécessaire à la reproduction et au reboisement sur toutes les Alpes. La zone protégée est traversée par de nombreux sentiers d’excursion. Bien seize sentiers sont balisés, sur une longueur d’environ 70 km du fond de la vallée jusqu’aux crêtes, d’est en ouest. Ce sont des itinéraires d’importance internationale comme la Via Alpina, la Rentrée Glorieuse des Vaudois, la Grande Traversée des Alpes, la Via Francigena qui permettent de découvrir les particularités liées à l’environnement, à l’histoire et à la culture du territoire. Tous les chemins du parc sont interdits à la circulation des véhicules et sont praticables à pied, en vélo, avec les skis ou les raquettes. A ces derniers s’ajoute la route militaire panoramique de l’Assiette, fermée aux véhicules à moteur le mercredi et le samedi. Les refuges « Jack Canali » (2509 m) et »Daniel Arlaud » (1771 m) sont des points de référence très importants pour les excursions et les courts séjours.

La culture et la tradition en Haute Vallée de Suse reste très liée à l’histoire du Dauphiné et à l’expérience administrative des Escartons qui s’implanta sur les terres de Briançon, du Queyras, de Pragelas, d’Oulx et de Château-Dauphin à partir du XIV siècle. Le besoin de la population de préserver leurs intérêts et leur autonomie fut reconnu par le Dauphin Humbert II le 29 mai 1343 avec la signature de la Grande Chartre qui fut annonciatrice des principales lois constitutionnelles du monde moderne.

Pour raconter ces moments importants de l’histoire locale et documenter la culture matérielle et immatérielle du territoire, on a créé le centre de documentation « Espace Escartons » et l’Ecomusée Colombano Romean : travail et tradition en Haute Vallée de Suse, un musée dédié à l’environnement qui permet de valoriser le paysage, l’architecture, le savoir-faire ainsi que les témoignages oraux de la tradition.

Sa position géographique et stratégique par rapport aux différents cols sur le territoire frontalier a permis son développement au cours des siècles ainsi que la production de nombreux ouvrages militaires. Sur la partie culminante aux confins du Parc, on peut trouver les restes de tranchées réalisées au moment de la bataille de l’Assiette, théâtre de la fameuse bataille du 19 juillet 1747 épisode dramatique de la guerre de succession autrichienne qui est remémoré avec le monument construit en 1882 par le CAI à la Testa de l’Assiette (2566 m).

Nous pouvons également y trouver des fortifications datées de 1800 construites au moment de la Triple Entente (entre 1884 et 1890) dans le but de se protéger de l’attaque éventuelle française : les batteries du Gran Serin, du Mottas et du Gran Costa.

Les bunkers près du Gad (mais aussi sur le Mont Genevris, à Monfol, à Bergà) où l’on peut voir également la fameuse grosse tranchée qui est un ouvrage anti-char du Pont Ventoux construit entre 1938 et 1942 font partie du Vallo Alpino voulu par Mussolini et construit avant la Deuxième Guerre Mondiale pour protéger la frontière italienne des pays voisins (France, Suisse, Autriche et Yougoslavie).

La faune est très intéressante et variée grâce à la richesse des habitats. Le Parc accueille environ 140 espèces d’oiseaux, dont 80 environ qui nidifient, ce qui représente un rapport important pour l’avifaune alpine. Les rapaces sont également nombreux : l’autour des palombes, l’épervier, la buse, le faucon crécerelle, le gypaète ainsi qu’un couple d’aigles royaux. Parmi les rapaces nocturnes on peut y trouver la hulotte, le hibou grand-duc ainsi que la chouette de Tengmalm qui normalement apprécie les forets de conifères. Nous signalons également la présence du casse-noisette étroitement lié à la foret de cembros mais aussi une station sur les prairies alpines pour les nombreux migrateurs comme le pluvier guignard.

Parmi les mammifères, il n’est pas rare de rencontrer le lièvre, l’écureuil, la marmotte, le renard, les mustélidés (l’hermine, la belette, la fouine, la martre et le blaireau) mais aussi les quatre espèces d’ongulés : le chamois, le sanglier, le cerf et le chevreuil. Les deux derniers ont été réintroduits pour la chasse dans les années 60 et en l’absence de prédateurs leur nombre a augmenté démesurément jusqu’à menacer l’équilibre naturel des épicéas et sapins (motif d’institution du Parc). En 1997 le loup a trouvé dans le Gran Bosco un environnement favorable à sa présence formant ainsi la première meute sur les Alpes Cottiennes.

La flore est caractérisée par la présence de plus de 600 espèces des plus caractéristiques du Piémont.

Dans les zones plus basses on y trouve le frêne, le bouleau, l’érable, l’aulne et quelques exemplaires d’hêtres ; curieusement on y trouve également l’if commun en petits groupes.

A 1300 m d’altitude, on entre dans le règne des conifères. Jusqu’à 1800 m le sapin et l’épicéa sont dominants. Le pin cembro ainsi que le mélèze sont en formation pure à une altitude plus élevée, en particulier dans le Piccolo Bosco, alors que leur présence est assez rare dans les Alpes Occidentales. Dans les zones plus arides au sud on trouve en majorité le pin sylvestre. Mais à la limite de la végétation arbustive, on trouve en abondance des tapis d’arbustes de rhododendrons ainsi que de myrtilles avec aussi à des altitudes plus élevées, les prairies alpines. On signale trois espèces rares : la primevère Corthusa matthioli (qui a très peu de stations sur le versant sud des Alpes), puis la l’Utricularia minor à la Tourbière Blégier qui est l’unique station confirmée du Piémont et enfin la Meyanthes trifoliata, également assez rare voire exceptionnelle à l’altitude à laquelle on la trouve, à 2350 m. On peut aussi rencontrer 28 espèces d’orchidées spontanées qui fleurissent de mai à septembre, parmi lesquelles Goodyera repens, Orphrys insectifera, Dactylorhiza incarnata et la très rare Coralloryzza trifida.

Le Parc naturel Gran Bosco de Salbertrand a été institué en 1980 par la Région Piémont. Il protège 3775 ha sur la droite orographique de la Vallée de Suse, à partir de 1000 m jusqu’à 2600 m sur le versant vers la Vallée Cluson. Son territoire se situe sur 7 communes (Chiomonte, Exilles, Salbertrand, Oulx, Sauze d’Oulx, Pragelato et Usseaux).

Depuis 2012 il fait partie du système des aires protégées des Alpes Cottiennes tout comme les Parcs Laghi di Avigliana, Orsiera Rocciavré, Val Troncea et les Réserves de Chianocco et Foresto.

Le motif principal de cette protection repose essentiellement sur les grandes valeurs naturelles du Gran Bosco : 700 ha de foret mixte d’épicéas et sapins unique dans le panorama de la végétation piémontaise. Son territoire est inséré dans le Réseau Nature 2000 selon le Directives Habitat et Oiseaux.

Le centre de visite du Parc se situe au siège de la Maison du Parc à Salbertrand et constitue le point d’accueil et d’accès à la zone protégée. Plusieurs parcours thématiques (le sentier forestier dédié à Oreste Rey et Fulvio Norse, le parcours de l’Ecomusée Colombano Romean et le Jardin des papillons) permettent de découvrir les aspects historiques et naturels du territoire.

Parc Naturel du Gran Bosco de Salbertrand

POUR INFORMATIONS ET RÉSERVATIONS

Centre de visite, centre de documentation « Espace Escartons » et maison du Parc Naturel du Gran Bosco de Salbertrand

Via Fransuà Fontan,1 – 10050 SALBERTRAND (TO)

Téléphone : 0122.854720 – Fax 0122.854421

E.mail :

parco.salbertrand@ruparpiemonte.it

Info.alpicozie@ruparpiemonte.it

COMMENT ARRIVER à Salbertrand

  • Autoroute A32, sortie Suse ou Oulx Est

  • Route Nationale SS 24 Montgenèvre

  • Train : Ligne Turin-Bardonecchia-Modane

La Maison du Parc Naturel Gran Bosco de Salbertrand se trouve Via Fransuà Fontan, 1, zone de l’ex-pépinière de l’office des Forets, près de l’aire de service de l’autoroute.

En venant de Oulx, arrivé à Salbertrand tourner au feu à droite et suivre la Via Fulvio Arlaud puis à nouveau à droite Via Giuseppe Rey et enfin passer sous le pont de l’autoroute A32.

Dessins de Elio Giuliano

Images de l’archive Photos du Parc Alpi Cozie

SIEGE LÉGAL :

Via Fransuà Fontan,1

10050 SALBERTRAND (TO)

Téléphone : 0122.854720 – Fax 0122.854421

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www.parchialpicozie.it