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La clé à foin ou troeille (anè o manavella) est un des instruments les plus simples et plus fonctionnels que la culture de montagne et paysanne n’aie jamais su créer, perfectionnant sa forme par son utilisation quotidienne. Elle sert à lier et serrer ce qui est nécessaire : les bottes de foin ou de paille, les fardeaux de bois, les chargements sur la mule…

Son utilité consiste à attacher et à détacher rapidement et simplement la corde à laquelle elle est reliée, même si elle est gelée ou emmêlée, et ce durant les différents passages, pour le transport sur le dos ou pour le chargement du quadrupède. Sur la clé à foin communément on marquait au feu ou on gravait les initiales du propriétaire : sur celle de l’écomusée on reconnait la croix cathare, symbole d’une appartenance à une aire de culture et de langue Occitane. Le nœud réalisé avec la corde, sur le bout de la clé, est simplement une boucle à l’envers. Il était également utilisé par les marins et les maçons ceci pour nous faire remarquer que les travailleurs en montagne, en plaine ou en mer ont trouvé la même solution pour résoudre un problème quotidien. Ce simple objet nous transmet donc un message de tradition mais aussi d’universalité, grâce à cette cordelette il tente de relier la technologie frénétique d’aujourd’hui à un passé dont on doit encore retrouver le sens… un symbole pour l’Ecomusée que les nœuds veulent justement renforcer.

Colombano Romean

Il représente l’image par excellence de l’autre travail en montagne : celui du mineur et du carrier, un travail toujours dur et ingrat et qui en montagne devient encore plus dangereux et difficile.

Romean, mineur du hameau de Ramats au-dessus de Chiomonte commence en pleine solitude, en 1526 un ouvrage pratiquement incroyable : il s’agit du Trou de Touilles, une galerie à 2000 m d’altitude, d’une longueur de 500 m, 1 m 80 de haut et 1 mètre de large qui amenait l’eau du ruisseau Touilles pour irriguer le versant au-dessus de Chiomonte et d’Exilles. Pendant 8 ans, Colombano Romean a creusé en solitaire au cœur de la montagne avec l’aide de masses, de burins et de cales, en vivant de deux mesures de vin et de seigle par mois fournies par les communautés qui l’employaient et qui lui reconnaissaient également la somme de 5 deniers pour chaque toise.

  • Autrefois le transport du foin se faisait sur le dos ou sur la luge. Quand c’était possible on utilisait aussi un chariot ou la tyrolienne.

  • Pour les montées, la luge était portée sur le dos

  • « Piste » pour le travail du chanvre, actionnée par le mouvement de l’eau

Dans cette lointaine et silencieuse épopée se cache un microcosme : le rapport difficile avec la montagne que seule la fatigue peut adoucir, l’abnégation et le travail qui deviennent pratiquement un défi quotidien, les conditions de vie des montagnards à la limite de la survie et leur solitude face à la montagne et à ses formes de vies essentielles.

De nombreux symboles qui représentent l’idée du travail en montagne : l’idéal donc pour donner un nom à notre Ecomusée.

L’Ecomusée « Colombano Romean »

C’est l’un des premiers écomusées à être créer par la Région Piémont, selon la loi régionale n° 31 du 14 mars 1995 « Institution des Ecomusées du Piémont ».

Créé en 1996 par le Parc Naturel Gran Bosco de Salbertrand, il est aujourd’hui dirigé par l’organisme Ente di Gestione delle aree Protette Alpi Cozie (gestion des zones protégées des Alpes Cottiennes). Son but est de sauver, grâce à différents témoignages, la culture matérielle et immatérielle du passé et de l’abandon.

L’écomusée est donc un musée du temps et du territoire ; il n’est pas particulièrement lié à une période précise mais il observe l’évolution de la culture matérielle du passé à aujourd’hui en ouvrant des prospectives au futur, il est attaché à un territoire où des facteurs environnementaux et historiques ont façonné et conditionné particulièrement le mode de vie, l’économie, les traditions et la culture des habitants. C’est le musée de la communauté, un miroir dans lequel elle doit se reconnaitre pour prendre conscience de sa propre identité.

D’anciens bâtiments, des objets et des outils utilisés quotidiennement sont présentés comme des exemples d’un passé aujourd’hui à redécouvrir. Les sites de l’écomusée racontent les siècles d’histoire et d’utilisation du territoire et constituent un témoignage des activités productives réalisées selon des techniques traditionnelles. L’opération Ecomusée a rassemblé de nombreuses personnes et institutions locales, en premier lieu la commune de Salbertrand qui a mis à disposition différents lieux et locaux. Aujourd’hui il représente un point de rencontre important entre la population, la culture et les institutions.

Les projets de l’écomusée se concrétisent avec une riche production de cahiers de l’écomusée Colombano Romean où l’on y décrit les anciens métiers, les traditions et le savoir qui pendant des siècles ont caractérisé les communautés de la Haute Vallée de Suse.

Hotte- Objet pratiquement irremplaçable pour le transport à dos

  1. LE MOULIN HYDRAULIQUE

L’ancien moulin, témoignage de plus de 800 ans d’utilisation de la force de l’eau, depuis l’utilisation des droits féodaux à la naissance de l’Agence Electrique Municipale, accueille à l’intérieur trois installations différentes. Le moulin avec toutes les machines originales (avec trois paires de meules et le buttoir qui servait à sélectionner les farines avec différents laminages), un broyeur en pierre monobloc où l’on réalisait le défibrage du chanvre et le travail de différents types de graines pour la production d’huiles alimentaires et pour l’illumination, et enfin les panneaux de contrôle de la dynamo et le tableau de distribution de l’énergie électrique produite. De plus on peut visiter les salles ethnographiques dédiées aux métiers traditionnels, à l’étable et à l’école d’antan.

  1. LES TRESORS DE LA PAROISSE

La paroisse de Saint Jean Baptiste est l’église artistique la plus riche et la plus complète de toute la Vallée de Suse. Elle apparait en style roman et subit « harmonieusement » en 1500 l’influence de l’art gothique. Sa riche décoration de sculptures, ses fresques de 1500 et une exposition permanente d’ancien livres liturgiques, d’orfèvreries et de vêtements religieux, conservés dans la sacristie, témoignent du savoir et de la dévotion des montagnards alpins.

  1. L’HOTEL DIEU

C’est un édifice médiéval qui a servi d’hospice pour les pèlerins le long de la Via Francigena qui a été ensuite transformé en hôpital à l’époque de la grande peste en 1629. Il représente l’exemple typique d’architecture alpine. Sur la façade on y trouve des fresques de 1500 qui témoignent de son ancienne importance.

  1. LA FONTAINE

Les deux fontaines en pierre datées de 1524 et 1525, situées le long de l’ancienne Route de France, représentent un exemple important de l’habilité des sculpteurs du moyen-âge. La confirmation arrive du fait que la fontaine qui se trouve à coté de l’Hôtel Dieu a été utilisée comme modèle par l’architecte Alfredo D’Andrade pour réaliser celle du Bourg médiéval au Valentino à Turin lors de l’Exposition Nationale de 1884.

  1. LE FOUR

L’ancien four à bois du hameau de l’Oulme constitue depuis toujours pour la communauté un lieu de rencontre et d’agrégation. La panification se faisait autrefois selon une technique et un processus bien précis.

  1. LA CHAPELLE DE L’ANNONCIATION DE L’OULME

Les fresques datées de 1500 sont dédiées à la vie de la Vierge et recouvrent totalement le mur de l’abside et représentent un remarquable exemple d’architecture religieuse de montagne et un précieux document historique pour le patrimoine culturel de la communauté locale.

  1. LA RENTREE GLORIEUSE

Un épisode historique fondamental pour l’histoire de la civilisation vaudoise sur les lieux de la bataille qui influença le futur d’une entière population.

  1. LE FOUR A CHAUX

La fabrication de la chaux se faisait à partir de la pierre et du bois : un travail quotidien avant l’arrivée du ciment qui a bien sur laissé sur le territoire les traces de ces anciens fours.

  1. LES MEULES A CHARBON

Les différentes phases de production pour la fabrication du charbon, à partir de la préparation du bois à la distillation du charbon. Une production utilisée là où le transport était trop difficile et qui n’a pas subi de changement de l’antiquité à aujourd’hui. Une alchimie où se mêlent mythes et légendes.

  1. L’EXPLOITATION MINIERE

Reconstruction de l’entrée d’une galerie d’extraction.

  1. LE CHANTIER FORESTIER

La reconstruction d’un chantier forestier au début de 1900. Les techniques d’abattage et de débardage du bois.

  1. LA GLACIERE

Le froid fut utilisé comme ressource économique. Le bâtiment avec ses murs de pierre bien épais, en partie enterré et recouvert d’arbres (pour rafraichir avec leur ombre), constitue le dernier exemple de glacière piémontaise encore complète datée de 1800. La glace produite en hiver dans le petit lac artificiel attenant, y était conservée jusqu’en été et ensuite elle était chargée sur des charrettes en prenant soin de l’envelopper dans de la jute mouillée, pour la transporter vers les marchés de Turin et Briançon. Le fait que ce travail soit saisonnier et complémentaire aux travaux agricoles permettait de rendre l’activité extractive de la glace, une importante ressource économique pour les montagnards.

  1. LE SMOKE SAUNA

Reconstruction en bois selon la technique blockbau du prototype de smoke-sauna projeté par le grand architecte finlandais Alvar Aalto. Il a été réalisé durant trois workcamps internationaux pour les étudiants universitaires, selon les techniques traditionnelles du travail du bois en Finlande, sous la direction technique de maitres charpentiers finlandais et en collaboration avec les maitres d’ouvrages locaux. Cette expérience reste un signe important d’intégration entre des réalités constructives différentes surtout en matière de traditions, techniques et instruments.

  1. ZONE PIQUE-NIQUE

  2. POINT PANORAMIQUE

  3. CLASSE EN PLEIN-AIR

  4. MAISON DU PARC ET BUREAUX

Parc Gran Bosco de Salbertrand – Ecomusée Colombano Romean

ECOMUSEE COLOMBANO ROMEAN

POUR INFORMATIONS ET RESERVATIONS

Via Fransuà Fontan,1 – 10050 SALBERTRAND (TO)

Téléphone : 0122.854720 – Fax 0122.854421

E.mail : ecomuseo.salbertrand@ruparpiemonte.it

L’écomusée se visite sur réservation toute l’année ou dans le cadre des manifestations organisées par l’organisation du Parc.

Pour faciliter les visites autoguidées, un parcours a été créé avec des indications et des panneaux descriptifs. Les différents sites peuvent également se visiter de l’intérieur de façon virtuelle, sur place ou à distance, grâce à une application mobile Valle Susa Heritage.

COMMENT ARRIVER

  • Autoroute A32, sortie Suse ou Oulx est

  • Route Nationale SS 24 Montgenèvre

  • Chemin de fer ligne Turin-Bardonecchia-Modane

La Maison du Parc Naturel Gran Bosco de Salbertrand héberge également l’Ecomusée qui se trouvent Via Fransuà Fontan, 1, zone de l’ex-pépinière de l’office des Forets, près de l’aire de service de l’autoroute (accès possible à partir de l’aire de service à certaines heures).

En venant de Oulx, à Salbertrand tourner au feu à droite et suivre la Via Fulvio Arlaud puis à nouveau à droite Via Giuseppe Rey et enfin traverser sous le pont de l’autoroute A32.

Dessins de Elio Giuliano

Images de l’archive Photos du Parc Alpi Cozie

SIEGE LEGAL :

Via Fransuà Fontan,1

10050 SALBERTRAND (TO)

Téléphone : 0122.854720 – Fax 0122.854421

info.alpicozie@ruparpiemonte.it

www.parchialpicozie.it